6 à 25 Les bénédictions.
L'énumération commence par Ruben, l'aîné, comme dans Genèse 49.3. Le second en âge, Siméon, est omis en raison du châtiment de dispersion dont Jacob l'avait menacé et en vertu duquel il ne devait avoir ni individualité propre, ni territoire à part en Israël. Lévi devait, d'après la même menace, partager son sort, mais il a été relevé en partie du châtiment annoncé, en vertu d'un choix qui, tout en laissant subsister la forme du châtiment (la dispersion), lui a rendu une place particulière et, à certains égards, la première de toutes. Avant de parler de lui, l'auteur prononce la bénédiction de Juda, auquel avait été transmis par Jacob le droit d'aînesse enlevé à Ruben. A la suite de Juda et de Lévi sont placés les deux fils de Rachel, la bien-aimée, puis les deux fils de Léa, non encore nommés, Zabulon et Issacar ; enfin les quatre fils des servantes. Asser est séparé de Gad, fils comme lui de Zilpa, pour que l'énumération se termine par une bénédiction éclatante qui couronne dignement le tout, celle d'Asser, dont le nom signifie heureux. La réunion de Manassé et d'Ephraïm en une tribu unique aurait réduit le nombre des tribus à dix, si Lévi, ordinairement mis en dehors, ne reprenait ici sa place. Quant à l'omission de la douzième tribu (Siméon), voir plus haut.
Que Ruben vive. Le titre qui précède les autres bénédictions manque ici, parce que Ruben est nommé dans le corps même de la bénédiction. Le sens est celui-ci : Qu'il ait sa place parmi les tribus (qu'il ne soit pas dispersé au milieu d'elles, comme Siméon et Lévi ; voir la menace Genèse 49.5-7), mais rien de plus ; car le crime du premier-né de Jacob continue à peser sur la tribu descendue de lui. C'est ici qu'aurait dû venir Siméon.