14 à 20 La Royauté.
D'après le vrai point de vue théocratique, l'Eternel n'est pas seulement le Dieu, il est aussi te Roi d'Israël ; c'est lui qui le gouverne par les exécuteurs de sa volonté qu'il suscite dans son sein, ainsi que par sa loi et par son Esprit qui doivent régler la vie de la communauté tout entière. C'est là l'état idéal du peuple de Dieu. Pour accomplir la grande œuvre de la sortie d'Egypte et de la conduite du peuple en Canaan, Dieu avait appelé un serviteur extraordinaire qui, à bien des égards, avait exercé une autorité vraiment royale. Celui-ci, au moment où il était sur le point d'être retiré, au peuple, pouvait prévoir aisément que, même après l'établissement dans la Terre promise, le peuple ne pourrait se passer longtemps d'un chef unique, semblable à lui. Pour qu'un tel besoin ne se fit pas sentir, il eût fallu un Israël rempli du sentiment de la présence de Dieu et dont tous les membres, bientôt dispersés, restassent étroitement unis dans cette dépendance commune. Moïse connaissait trop bien son peuple pour ne pas savoir tout ce qui lui manquait sous ce rapport et pour ne pas comprendre qu'un représentant visible du Roi divin pourrait seul maintenir l'ordre et l'unité entre les tribus.
L'institution terrestre de la royauté était donc une nécessité, mais une nécessité relative, destinée à combler un déficit spirituel. Voilà pourquoi cette institution, sans être ordonnée, est cependant prévue et acceptée par Dieu. Aussi verra-t-on que lorsque le fait se réalisera, il sera envisagé à ce double point de vue : d'un côté, comme une déchéance de l'état normal, dont s'attristera celui qui sera appelé à sanctionner de la part de Dieu ce nouvel état de choses ; de l'autre côté, comme un bien relatif, une institution dont Dieu a dessein de tirer parti pour le bien de son peuple, et qu'il compte employer au salut de l'humanité. Nous comprenons ainsi la tenue plus sévère qu'encourageante de l'ordonnance du Deutéronome qui va nous occuper. Elle tend à prévenir Israël des dangers de cette institution plutôt qu'à lui en vanter les bienfaits.
Si tu dis... Ce n'est point ici un ordre, comme celui de 16.18, relatif aux juges ; c'est une permission accordée.
Un roi : non pas un chef temporaire, comme Moïse, Josué et les Juges qui suivirent, mais un souverain réunissant tous les pouvoirs administratifs et militaires et ayant le droit de les transmettre à ses descendants.
Comme toutes les nations : comme l'Egypte, d'où Israël sortait, comme Edom et Moab, près desquels il venait de passer, comme Sihon et Og, qu'il venait de détrôner, comme tous les peuples cananéens qu'il allait déposséder.