L'apôtre insiste sur ce point : il sait, hélas ! combien cela est nécessaire ; il fait consister cette recherche des choses qui sont en haut, non dans des actes extérieurs, mais dans l'affection ou la pensée, (Romains 8.5 et suivants) c'est-à-dire dans ce qu'il y a de plus intime en nous.
Enfin, à ces choses qui sont en haut, il oppose celles qui sont sur la terre.
Plusieurs interprètes, Calvin entre autres, veulent voir en ces mots une dernière allusion à ces "éléments du monde," (Colossiens 2.20) à ces doctrines que Paul venait de signaler et de combattre, et qui placent la religion dans des choses de cette terre.
Mais cette explication n'est pas admissible ; il est évident qu'ici l'horizon de l'apôtre s'agrandit, que son exhortation devient plus générale et concerne tous les chrétiens. C'est là, en effet, ce qui paraît le préoccuper exclusivement. Il ne pense plus aux faux docteurs ; mais il demande aux croyants, morts et ressuscités avec Christ, que les biens, les jouissances de cette terre, et toutes les insatiables convoitises qui s'y attachent, ne soient plus les objets de leur affection.
Le nouvel homme doit vivre, non plus pour ce monde, dont la figure passe, mais pour le monde céleste, éternel dans la communion du Chef qui y est entré comme les prémices de notre humanité régénérée. (Comparer Philippiens 3.20)