11 et 12 Sulammith, saisie elle-même par l'impression qu'elle produit, se recueille et se demande comment elle est arrivée dans une semblable position. Alors lui revient en mémoire la dernière circonstance qu'elle se rappelle distinctement et de laquelle est procédé tout ce qui se passe actuellement. A ce souvenir, qui l'émeut profondément, elle s'exprime d'une manière entrecoupée. Voici la traduction littérale : J'étais descendue... Jardin des noyers, pour voir... (la suite comme dans le texte)... Je ne savais pas.. Mon âme m'a poussée... chars d'un peuple de prince. Il y a là comme un bégaiement, tel que celui qui caractérise l'aveu pénible d'une faute, mais on comprend pourtant le sens de cette phrase. Elle était descendue dans le jardin voisin de sa demeure ; elle a aperçu à quelque distance un cortège de riches chariots et s'est laissée aller à s'en rapprocher curieusement ; de là est provenu tout le mal. Ces deux versets, dont le sens, malgré l'incohérence du texte, est cependant intelligible, sont la clef de tout le poème, aussi bien au sens naturel qu'au sens typique (voir Introduction).