Le début du verset doit être placé encore dans la bouche de Salomon.
L'aquilon : le vent frais du nord ; l'autan : le vent tiède du sud. Il n'appelle ni le vent d'orient, qui est impétueux et brûlant (Esaïe 27.8), ni le vent d'occident, qui amène la pluie (1Rois 18.44-45). Cette première partie du verset est la continuation de l'appel passionné de Salomon.
Les mots : Que mon bien-aimé vienne..., doivent être placés dans la bouche de Sulammith ; c'est ce que montre l'appellation : mon bien-aimé (Dodi), qui est celle par laquelle Sulammith désigne son ami dans tout le Cantique. Elle coupe subitement la parole à Salomon et oppose hardiment au paroxysme de la passion du monarque un cri d'amour à son bien-aimé absent ; ce cri est ici l'engagement sacré de n'appartenir jamais à aucun autre. Nous avons déjà trouvé une interruption semblable 1.12 ; nous en trouverons une plus brusque encore 7.9. Un grand nombre d'interprètes pensent trouver ici l'expression du consentement de Sulammith aux désirs de Salomon. Mais cet appel à Salomon présent serait d'une naïveté par trop grossière. Le terme mon bien-aimé ne s'adresse pas une seule fois dans le Cantique à Salomon, et ce consentement serait en contradiction directe avec la teneur du drame tout entier ; comparez la parole de Sulammith 8.6, où elle compare sa résistance à l'inflexibilité du sépulcre, et 8.10, où elle se représente comme une forteresse imprenable, devant laquelle l'assiégeant a dû se retirer en lui accordant la paix.