Entre le sixième et le septième sceau, Jean voit un double tableau destiné à consoler les serviteurs de Dieu au milieu des redoutables jugements annoncés, en leur donnant, d'une part, l'assurance qu'aucun membre de l'Église militante ne périra avec le monde, car tous seront scellés du sceau du Dieu vivant ; (versets 1-8) et d'autre part, en leur laissant entrevoir la félicité céleste dont jouit l'Église triomphante, vue propre à raviver l'espérance et à soutenir le courage de ceux qui sont encore dans les combats.
Aux quatre points cardinaux, appelés ici les quatre coins de la terre, se tiennent quatre anges qui commandent aux quatre vents principaux et ont ainsi le pouvoir de faire du mal à la terre. (verset 3)
Souvent les prophètes ont vu dans les vents d'orage le symbole des jugements de Dieu. (Esaïe 27.8 ; Psaumes 1.4. Les quatre vents sont nommés dans Jérémie 49.36 ; Daniel 7.2 ; Zacharie 6.1 et suivants, Hénoch 76 :4.)
Aussi le pouvoir qu'ont ces anges de faire du mal à la terre et à la mer et aux arbres n'est pas, comme on l'a supposé, dans l'action de retenir les vents, afin de produire une chaleur étouffante, mais bien de les lâcher, pour qu'ils deviennent des ouragans et apportent sur la terre des dévastations, image à la fois et réalité des jugements de Dieu.
C'est pour cela qu'un autre ange montant du côté du soleil levant (d'où vient la lumière et toutes ses bénédictions) ordonne aux premiers de retenir encore les vents, de ne point faire de mal à la terre jusqu'à ce que les serviteurs de Dieu aient été marqués du sceau (grec scellés) sur leurs fronts. Bien que cet ange tienne le sceau de Dieu, (verset 2) ce n'est pas lui seul qui choisit ceux qu'il doit marquer ; il dit : nous, et laisse ainsi entrevoir l'action de Celui qui seul "connaît ceux qui sont à lui." (2Timothée 2.19)
Quant à ce sceau lui-même, c'est le symbole de la grâce qui donne aux élus de Dieu la précieuse assurance de ne pas périr avec le monde au sein même des plus terribles dangers. (Comparer Ezéchiel 9.4-10 ; Matthieu 24.22 ; Ephésiens 4.30 ; Apocalypse 9.4 ; 14.1)