Terrible menace faite à une Eglise qui se trouvait dans l'état religieux le plus triste et le plus dangereux !
Etre froid, c'est la condition de l'homme naturel, inconverti, étranger à la vie de l'Esprit de Dieu ; être bouillant, c'est être tout entier pénétré du feu de cet Esprit qui sanctifie. (Comparer Romains 12.11)
Le tiède est celui qui connaît l'Évangile, mais que tous les moyens de grâce, tout l'amour du Sauveur n'ont pu gagner assez pour l'arracher à lui-même et au monde. (Matthieu 6.24 ; 12.30 ; Jacques 4.4 ; 1Jean 2.15) Il n'y a en lui ni force, ni activité, ni progrès, ni sentiment de ce qui lui manque, (verset 17) c'est un état stationnaire de paresse morale, d'impuissance, de langueur.
On pourrait être surpris, au premier abord, que le Seigneur préfère le froid au tiède ; mais cela est parfaitement fondé dans la nature des choses. Le premier ne peut se faire illusion en se persuadant qu'il est chrétien et reçu en grâce, le second vit dans cette funeste erreur, l'un pourra sentir un jour vivement sa pauvreté, sa misère, ses péchés, et se convertir au Sauveur, lorsqu'il s'offrira à lui (Matthieu 21.31) l'autre connaît tout ce qui aurait dû opérer cette œuvre en lui, et l'Évangile est devenu pour lui un sel qui a perdu sa saveur.
C'est pourquoi il inspire au Seigneur, non pas cette indignation qui provoque les jugements terribles, mais ce dégoût que nous cause l'eau tiède, et de là ces paroles, pires que les menaces les plus sévères : Je te vomirai de ma bouche.