L'ange a la clef de l'abîme et la chaîne (grec) sur sa main.
Il faut se représenter les bouts de cette grande chaîne, qui pendent de chaque côté. On peut comparer cette apparition à celle de Apocalypse 9.1 (voir les notes) ; mais ici l'ange est certainement un ange fidèle, qui va exécuter l'ordre de Dieu.
Le dragon est désigné par les mêmes épithètes que dans Apocalypse 12.9. (Voir la note.) Il est lié pour mille ans, jeté dans l'abîme, (Apocalypse 9.1, 2e note) qui est fermé et scellé sur lui. Sa demeure habituelle devient ainsi pour lui une prison.
Le Dieu tout-puissant, qui, par une dispensation mystérieuse, avait permis au prince des ténèbres d'exercer ses séductions sur les hommes, lui ôte maintenant son pouvoir de nuire. C'est l'explication donnée par ces mots : afin qu'il ne séduisit plus les nations.
On se demandera de quelles nations il peut être question encore, puisque d'après Apocalypse 19.19-21 "les rois de la terre et leurs armées" avaient été "tués par l'épée." Pour éviter à l'Apocalypse le reproche d'incohérence, il faut supposer que l'auteur voyait dans "les rois de la terre et leurs armées" les peuples soumis à l'empire romain ("la bête") et qui avaient subi son influence corruptrice. Eux seuls sont exterminés par le Christ et ses anges.
Le tableau de Apocalypse 19.11-21 ne représentait pas le jugement universel, (verset 11 et suivants) mais le jugement de l'empire romain et de ses alliés. En dehors d'eux, le voyant aperçoit d'autres nations, dont il dit (verset 8) qu'elles sont "aux quatre coins de la terre." Ce sont ces nations qui seront préservées des séductions de Satan jusqu'à ce que les mille ans soient accomplis.
Ces mille ans doivent être considérés non comme une donnée strictement chronologique, mais comme un nombre symbolique. Ils représentent une durée prolongée, mais limitée, puisqu'ils finissent par être accomplis. Une période de mille ans n'est pas mentionnée ailleurs dans l'écriture.
Les rabbins juifs assignaient aux "jours du Messie" une durée tantôt de quatre cents ans, tantôt de mille ans. Ils fondaient la première évaluation sur Genèse 15.13, combiné avec Psaumes 90.15, la seconde sur Esaïe 63.4, combiné avec Psaumes 90.4. D'autre part, dans l'épître de Barnabas (chapitre 15) est énoncée une théorie d'après laquelle le monde, créé en sept jours, durerait sept périodes de mille ans, dont la dernière serait le sabbat que procurera au monde le règne du Messie.
Quelle que soit l'origine de sa conception, l'auteur de l'Apocalypse n'a en vue qu'une seule période de mille ans, la même dans versets 3-4 et versets 5-7, et non deux périodes successives de mille ans chacune ; et il la place dans les temps qui précéderont le jugement dernier. (verset 11 et suivants)
Il le faut, selon le conseil arrêté de Dieu. Comparer verset 7.