Mêmes péchés qu'à Pergame. (verset 14) Selon quelques interprètes, cette Jésabel ne serait qu'une tendance, une secte personnifiée, et désignée par le nom de la fameuse reine d'Israël (1Rois 16.31 ; 18.4 ; 19.1 ; 21.5 et suivants ; 2Rois 9.22 et suivants), parce que cette dernière était ardente à propager l'idolâtrie et à combattre les serviteurs de Dieu. Mais cette opinion est aujourd'hui rejetée par les meilleurs exégètes, et avec raison.
L'analogie avec verset 14, où des hommes réels, enseignant les mêmes principes corrompus, sont qualifiés de disciples de Balaam ; surtout ce qui est reproché à cette femme, qu'elle se dit prophétesse, qu'elle enseigne et séduit, enfin l'a menace proférée contre elle : (versets 22,23) tout cela indique clairement une personne réelle.
On a émis récemment l'hypothèse (Schürer) que Jésabel était prêtresse d'un sanctuaire de la Sibylle chaldéenne qui se trouvait à Thyatire ; c'eût été donc une païenne. Mais le reproche : Tu laisses faire, montre que Jésabel, comme les Nicolaïtes, (verset 15) appartenait à l'Église. C'était une prophétesse chrétienne à tendance libertine. Ce qui ne veut point dire qu'elle s'appelât Jésabel ce nom lui est donné par allusion à la femme d'Achab.
- A, Q. la Peschito portent : "ta femme," ce qui a conduit plusieurs interprètes Bengel entre autres, à voir dans cette Jésabel la femme de "l'évêque" de Thyatire. Cela est inadmissible, car :
1° cette variante n'a pas pour elle le témoignage des meilleurs manuscrits ;
2° l'ange de l'Église n'était probablement pas lui-même un personnage de l'Église ; (comparez Apocalypse 1.20, 2e note)
3° s'il l'avait été, quelle Eglise apostolique l'aurait souffert avec de telles abominations dans sa maison ?