Après avoir montré Babylone qui enivrait les habitants de la terre (verset 2 ; comparez Apocalypse 11.8), Jean la voit à son tour ivre du sang des saints et des témoins de Jésus. Cette dernière image ne se rencontre pas ailleurs dans l'Ecriture.
Les saints et les témoins (grec martyrs) de Jésus peuvent être les mêmes personnes désignées d'après leur condition morale et la vocation commune à tous les chrétiens d'abord, puis d'après le témoignage qu'elles eurent à rendre au sein d'un monde hostile.
Mais il se pourrait aussi que le premier de ces termes désignât les chrétiens en général, le second les apôtres Pierre et Paul, qui terminèrent leur carrière par le martyre à Rome.
Il y a en effet, dans ce verset, une allusion évidente aux persécutions exercées à Rome contre les chrétiens et spécialement aux cruelles exécutions ordonnées par Néron en 64. Celles-ci eurent du retentissement dans toute la chrétienté, et le grand étonnement, dont le voyant est saisi, est comme un prolongement de la stupeur causée par ce fait terrible.