Cette entrée en conversation est pleine d'intérêt.
La question de Philippe était de la plus haute importance, car il faut comprendre l'Ecriture pour la recevoir dans son cœur.
Les deux verbes dont il se sert (lire et comprendre), ayant en grec la même étymologie forment une gracieuse assonance qui devait prévenir favorablement l'étranger.
La réponse de celui-ci révèle son humilité et son désir de s'instruire. Les termes qu'il emploie ne sont pas précisément une négation ; ils dénotent la difficulté, plutôt que l'impossibilité, de comprendre.
Aussi est-ce bien à tort qu'on a cité cette réponse comme preuve de l'obscurité de l'Ecriture et du danger qu'il y aurait à la laisser entre les mains des laïques, l'Eglise ayant seule qualité pour l'interpréter.
Sans doute, Dieu, en instituant le ministère de la Parole, a voulu que ses serviteurs éclairés fissent part de leurs lumières à ceux qui en manquent ; mais, dès que sa parole est dévoilée à une âme par le Saint-Esprit, cette parole lui devient lumineuse dans tout ce qui importe à son salut.
Telle fut l'expérience de l'Ethiopien. Il pressentait dans le passage du prophète la bonne nouvelle du salut, dont son âme était altérée, et comme il voit en Philippe un homme intelligent et instruit qui s'intéresse à lui, il l'invite avec bienveillance à s'asseoir auprès de lui.