Les faux témoins reproduisent exactement les moyens mis en œuvre contre le Seigneur Jésus lui-même. (Matthieu 26.59 et suivants) Leur faux témoignage n'était pas absolument mensonger, mais consistait à rapporter des paroles d'Etienne en les détournant de leur sens.
Ainsi il pouvait fort bien avoir prononcé au sujet du saint lieu et de la loi des paroles (le texte reçu, avec quelques majuscules ; et versions, ajoute blasphématoires) qui n'étaient que l'écho des enseignements du Sauveur, mais qui, aux yeux des Juifs, étaient sacrilèges.
Il pouvait, en annonçant l'Evangile de la grâce, avoir donné un sens spirituel tout nouveau aux coutumes transmises par Moïse.
Il pouvait même, en dénonçant les jugements de Dieu sur le peuple rebelle, avoir redit telle parole de Jésus qui implique la destruction du temple. (Matthieu 24)
Ces mots : Jésus, ce Nazaréen sont pleins de mépris.
- Il n'est pas impossible qu'Etienne eût des vues tout évangéliques sur l'abolition de l'ancienne alliance ; il était helléniste (verset 1, note) et, comme l'observe Néander, l'éducation grecque qu'il avait reçue pouvait déjà l'élever bien au-dessus des étroits préjugés juifs. Mais surtout il était rempli d'Esprit saint et de sagesse chrétienne, (versets 3,10) et, par cette double raison, il pouvait avoir devancé les apôtres de Jérusalem eux mêmes dans la connaissance de la vérité.
Aussi est-ce avec raison que Néander voit en lui le précurseur de l'apôtre Paul. (Hist. de l'établissement et de la direction de l'Eglise chrétienne, trad. Fontanès, I, p. 41.)