Faut-il avec quelques interprètes, entendre ces mots dans ce sens que tous ensemble se mirent à prier à haute voix ? ou bien que l'un d'entre eux priait et que le commun accord était dans les cœurs qui s'élevaient à Dieu d'un même élan ? Nous pensons que ce dernier sens est le vrai.
Mais ce qui est beaucoup plus important, c'est de se pénétrer de la beauté et de la force de cette prière.
Ces mots : Le ciel et la terre et la mer désignent tout l'univers.
Or, dire à Dieu qu'il a fait toutes choses c'est croire en lui, se confier en lui de la manière la plus absolue. Jamais en effet le Dieu vivant et vrai n'a manifesté sa puissance infinie d'une manière aussi éclatante que par la création du monde. Et ce monde qu'il a tiré du néant, il le conserve, il le gouverne.
De là vient que cette affirmation se retrouve sans cesse dans l'Ecriture surtout dans les prières des serviteurs de Dieu, car elle est le fondement de leur confiance en lui. (Psaumes 124.8 ; Esaïe 37.15 et souvent ailleurs.) L'Eglise chrétienne a trop oublié que le Dieu de la création qui se montre à nous dans ses œuvres, (Romains 1.20) est le même Dieu que le Dieu de la Rédemption et de la grâce.
Le mot que nos versions ordinaires rendent par Seigneur n'est pas le même qui reparaît sans cesse dans le Nouveau Testament et qui, dans la version grecque des Septante, est la traduction constante du nom de Jéhovah ; nous avons ici un autre titre qui signifie maître, celui qui commande : il est attribué à Dieu (Luc 2.29) et à Christ (2Pierre 2.1)
- Le texte reçu, avec D, version syr., etc., porte : "Toi le Dieu qui..." Ce mot Dieu manque dans Sin. B, A, la vulgate ; les critiques l'omettent.