Quiconque, grec "toute âme qui...," Deutéronome 18.15,19, cité librement d'après les Septante.
L'hébreu porte : "L'Eternel ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d'entre tes frères, un prophète comme moi, vous l'écouterez, et il arrivera que l'homme qui n'écoutera pas mes paroles qu'il dira en mon nom, moi je lui en demanderai compte." (verset 19)
On voit les légères différences, le sens reste le même au fond.
Seulement le dernier mot : Je lui en demanderai compte, que les Septante traduisent : J'en ferai justice, est rendu ici par un terme très usité dans l'Ancien Testament : sera exterminé du milieu du peuple. Cette expression signifie proprement : sera puni de mort.
Pierre entend par là : sera exclu du milieu du peuple de Dieu et de son royaume.
Par cette exclusion des rebelles, par la suppression de tout élément hostile et mauvais, (1Corinthiens 15.25) s'opérera le "rétablissement de toutes choses." Ainsi ce dernier a été prédit par Moïse déjà. Moïse annonçait ? dans cette même parole celui qui devait en être l'auteur.
L'application au Messie du passage cité présente quelque difficulté. Il y est question des prophètes qui devaient succéder à Moïse comme organes de l'Eternel.
On pourrait presser les termes : "un prophète comme moi" et leur faire signifier : un prophète fondateur qui inaugurera un ordre de choses nouveau, comme j'ai institué l'alliance du Sinaï. Mais il sera plus naturel et plus conforme au sens historique du passage, de dire, avec Calvin, que cette parole"s'adressait à Christ sur tous autres : non seulement pour ce qu'il est le Prince de tous les prophètes mais aussi pour ce que toutes les prophéties précédentes s'adressaient à lui et que Dieu a finalement parlé en perfection par la bouche d'iceluy."(Comparer Hébreux 1.1)
Cette prophétie est également appliquée au Messie par Etienne. (Actes 7.37)