Plus on était près de la terre, plus le danger d'aller s'y briser était imminent.
Les matelots le savaient mieux que personne ; aussi s'entendirent-ils pour se sauver par ruse et abandonner les passagers à leur sort.
Ils mirent la chaloupe à la mer sous prétexte de jeter aussi les ancres de la proue (celles de la poupe étaient déjà jetées, verset 29), et dans l'espoir de gagner ainsi le rivage.
Mais la vigilance et l'énergie de Paul anéantirent ce dessein. Il va droit au centenier et aux soldats, leur faire part du projet des matelots qu'il a pénétré, et ajoute cette déclaration très nette : Si ceux-ci ne demeurent dans le vaisseau, vous ne pouvez être sauvés.
Mais cette déclaration n'est elle pas en contradiction avec versets 22-25 ? Oui, selon la logique des hommes, non, selon la pensée de Dieu.
En déterminant la fin, Dieu détermine aussi les moyens ; ces deux termes sont inséparables ; c'est par leur accord que Dieu met en harmonie ses décrets éternels et la liberté de l'homme ; ces décrets, loin d'exclure la liberté, c'est-àdire la responsabilité humaine, la renferment, la sollicitent, lui donnent toute sa force.
Nul sur le vaisseau n'était plus assuré de sa délivrance que Paul, et nul ne se montra plus vigilant et plus actif. Il en est de même quand il s'agit de la souveraineté de la grâce divine et de la responsabilité de l'homme dans l'œuvre du salut.