Grec : Ils employaient des moyens de secours, ceignant le vaisseau en dessous.
Presque tous les traducteurs et les exégètes entendent par là qu'on entoura le vaisseau avec des câbles, afin d'affermir ses flancs. Les uns pensent qu'on les passait sous la quille, en les tenant aux deux extrémités, les autres estiment que cette ceinture était disposée horizontalement, dans le sens de la longueur.
Un écrivain qui, dans un livre sur l'art nautique chez les anciens, a consacré une étude spéciale à notre récit, le Dr Breusing, directeur de l'Ecole navale de Brème, se range à cette dernière hypothèse, et dit qu'on plaçait ces câbles quand le navire était encore sur le chantier et qu'on n'avait qu'à les serrer avec un cabestan.
La Syrte était le nom de bancs de sable qui, du littoral africain, s'étendaient au loin et que les navigateurs redoutaient par-dessus tout. Le navire était donc poussé vers le sud.
- Dans cette crainte, ajoute Luc, ils étaient ainsi emportés, ayant cargué la voile. Il se sert d'une expression dont nous ne pouvons plus fixer sûrement le sens : ayant laché ou abaissé l'instrument.
Par ce mot l'instrument que nous traduisons, faute de mieux, par voile, plusieurs entendent le mat, qu'on ne pouvait guère abaisser, ou la vergue. D'après Breusing, il s'agirait d'une planche épaisse, maintenue perpendiculaire dans l'eau par des poids fixés aux angles inférieurs et reliée par des câbles a la poupe du navire, qui traînait cet appareil destiné à ralentir sa marche.