Voir sur ce récit Actes 9.3-9, notes et comparez Actes 22.6-11.
Cette troisième relation de la conversion de Paul est la seule où se trouvent deux traits remarquables.
D'abord les mots : en langue hébraïque. Paul, dans une assemblée composée comme l'était celle de Césarée, (Actes 25.23) se servait sans aucun doute de la langue grecque ; il était donc naturel qu'il fit remarquer que la voix lui parla en dialecte hébreu. (Actes 21.40, note.) Il n'était pas moins naturel que le Seigneur, s'adressant à un Israélite, employât sa langue maternelle, celle de son enfance et de ses impressions religieuses les plus profondes. (Comparer Actes 22.2)
Ce détail, que l'apôtre tient à relever, sert à montrer l'entière réalité du grand fait qu'il raconte, il n'en avait oublié aucun trait.
- Ensuite, notre relation est la seule qui renferme les mots : Il t'est dur de regimber contre les aiguillons. Cette expression figurée, employée aussi par les Grecs, est, dans son application à Paul, d'une vérité profonde. Ceux qui conduisent des bœufs les stimulent au moyen d'un long bâton terminé par une pointe en fer. Si l'animal résiste, regimbe, l'aiguillon s'enfonce dans ses chairs.
Telle eût été l'expérience de Paul s'il avait persisté dans sa révolte contre son Maître contre la vérité, contre sa propre conscience, après avoir entendu l'appel de Dieu. Plus la résistance se prolonge, plus elle devient dure, elle doit finir pour la créature morale et responsable par la soumission ou par la ruine.