Le réquisitoire prononcé contre Paul commence par une grossière injure : cet homme, une peste.
Puis vient l'imputation ordinaire de susciter partout des séditions.
Ce qui était l'effet de la haine des Juifs est attribué à l'apôtre, et il devrait être puni des persécutions qu'il endure de leur part.
Mais le principal grief contre lui, c'est d'être chef (grec soldat du premier rang) de la secte des Nazaréens.
Jésus porte souvent le titre méprisant de Nazaréen, mais c'est ici le seul passage du Nouveau Testament où il soit appliqué à ses disciples.
Enfin Tertulle reproduit Contre Paul le mensonge déjà proféré par les Juifs (Actes 21.28) qu'il avait profané le temple. C'est à cela que se réduisent les griefs articulés par l'avocat ; c'est là-dessus qu'il se fonde pour arriver à cette conclusion : aussi l'avons nous arrêté. (Actes 21.30)
Le texte reçu, avec un majuscules, des minusc., les versions syr., la vulgate ajoute : et nous voulûmes le juger selon notre loi, mais le tribun Lysias étant descendu, l'a enlevé de nos mains avec beaucoup de violence, ordonnant que ses accusateurs vinssent devant toi.
Ces paroles étaient considérées par tous les critiques du texte comme non authentiques. Récemment M. Blass a revendiqué leur authenticité et les a admises dans les deux recensions. Il a été suivi par MM. Zöckler, Holtzmann, Hilgenfeld.
Il se fonde sur cette considération que, si on les supprime, les mots de verset 8 "Tu pourras toi-même en l'interrogeant apprendre de lui," se rapportent à Paul, et non à Lysias.
Or il lui paraît absurde que Tertulle, après une si brève énumération des griefs des Juifs, en appelle au témoignage de l'accusé lui-même.
Mais on peut répondre que Tertulle devait moins encore être tenté d'en appeler au témoignage de Lysias, favorable au prisonnier, et qui ne pouvait être entendu que si le procès était ajourné. D'ailleurs l'avocat des Juifs était un homme trop habile pour articuler une imputation de violence contre Lysias, le tribun de la cohorte romaine.
Ces considérations prouvent que les paroles de verset 7 sont une interpolation maladroite. Toutefois cette interpolation est très ancienne, car elle se trouve dans les deux versions syriaques, qui remontent à la fin du second siècle.