Dans un tel moment et dans une telle assemblée, Paul vit clairement qu'il ne pouvait pas reprendre le discours commencé et dans lequel il se proposait de faire son apologie. (verset 1)
Aussi, avec une grande présence d'esprit, il porte la lutte sur un point qui pouvait intéresser à la sainte cause qu'il détendait toute la partie du conseil qui n'avait pas abandonné les grands principes de la révélation.
C'était le parti des pharisiens, opposé à celui des sadducéens.
Il s'écrie dans le sanhédrin, de manière que ses paroles soient entendues de tous : Je suis pharisien, fils de pharisiens.
On a prétendu qu'il ne pouvait, sans trahir la vérité, se déclarer pharisien, fils de pharisien. Mais partout et toujours il se fait gloire d'appartenir, comme Juif, à ce parti, retenant soigneusement ce qu'il avait de vrai, tout en en combattant les erreurs. (Actes 24.15 ; Philippiens 3.5)
Et, en considérant les grandes doctrines qu'il va invoquer, l'espérance, la résurrection, il pouvait se déclarer, avec une joyeuse conviction, pour les pharisiens, qui soutenaient ces vérités, contre les sadducéens, qui les niaient. (verset 8)
- Mais c'est précisément ici qu'on peut reprocher à l'apôtre de ne pas tenir un compte exact des faits.
Est-ce bien au sujet de l'espérance de son peuple, de la résurrection des morts qu'il avait été mis en jugement ?
A prendre les choses rigoureusement à la lettre, non. Paul, en effet, était accusé (Actes 21.28) d'enseigner d'une manière contraire à la loi, et la principale cause de l'animosité de ses persécuteurs était qu'il se prétendait chargé par Dieu d'annoncer aux païens l'Evangile de son royaume. (Actes 22.21,22)
Voici ce qu'on peut dire pour défendre la conduite de l'apôtre en cette circonstance.
En prêchant la grâce, il établissait la loi ; en proclamant l'universalité du salut, et en se consacrant à publier ce salut parmi les nations, il ne faisait qu'accomplir les prophéties de l'Ancien Testament.
Ainsi le fondement de sa doctrine, et l'objet de ce travail dont ses adversaires lui faisaient un crime, était bien (Romains 3.31) l'espérance d'Israël, c'est-àdire (tel est le sens du et) la résurrection des morts. Ne pouvant, dans une telle assemblée, entamer une discussion dogmatique, il nomme le grand sujet de la prédication qu'il faisait entendre partout et en toute occasion. (Actes 17.32 ; 24.15,21 ; 26.23 ; 1Corinthiens 15.12)
Mais ces explications ne satisfont pas en tout point. On peut trouver que Paul n'avait pas le droit de se proclamer pharisien, sans ajouter aucune réserve, et qu'il a fait preuve de trop d'habileté en se disant mis en cause pour la doctrine de la résurrection.
"Si l'étude impartiale du texte,dirons-nous avec M. Barde,ne nous amène pas à une intelligence satisfaisante de la conduite de l'apôtre dans cette circonstance, mieux vaut l'avouer loyalement. Paul n'a prétendu nulle part à l'infaillibilité."
Mais nous ajouterons, avec le même auteur, cette réflexion équitable :"Nous connaissons trop peu une foule de circonstances de ce procès pour porter un jugement définitif.", M. Weiss prétend d'ailleurs, en se fondant sur l'imparfait (en grec participe présent) : comme il disait cela, (verset 7) que Luc nous a conservé seulement, au verset 6, une parole résumant la harangue de Paul, et que celui-ci a pu expliquer en quel sens il se réclamait du parti pharisien.