Quelques disciples de Césarée voulurent aussi accompagner l'apôtre et ses amis.
Ils les conduisirent cher Mnason, où les voyageurs devaient loger, d'après des dispositions prises à l'avance.
On ne sait de ce Mnason que ce qu'en dit le texte, c'està-dire qu'il était de Chypre et ancien disciple, converti peut-être depuis la première mission dans sa patrie, (Actes 13) ou même auparavant. (Actes 11.19,20) On suppose qu'il habitait Jérusalem et l'on ajoute qu'il était bien précieux pour l'apôtre d'avoir dans cette ville un ami de toute confiance qui le reçût dans sa maison.
Telle est l'interprétation généralement donnée, mais on ne peut pas dire qu'elle s'impose comme évidente.
Il n'est pas dit, dans l'original : "les disciples nous conduisirent," mais seulement : les disciples "vinrent avec nous, conduisant, chez lequel Mnason nous devions loger."
Et à verset 17, l'arrivée à Jérusalem est présentée comme un fait postérieur à l'arrivée chez Mnason.
Aussi Calvin, Théod. de Bèze et d'autres traduisent-ils : "Quelques disciples vinrent aussi de Césarée avec nous, amenant avec eux un certain Mnason." Ce disciple, qui habitait Jérusalem, se serait donc trouvé alors à Césarée, et l'on aurait convenu avec lui qu'il logerait les voyageurs.
Le texte occidental (D, versions syr.) présente ici une adjonction intéressante, qui donne un sens nouveau à ce passage obscur : "Ceux-ci nous conduisirent auprès de ceux chez qui nous devions loger ; et étant arrivés dans un certain village, nous fûmes chez Mnason, de Chypre, ancien disciple. Et sortant de là, nous vînmes à Jérusalem, où les frères nous reçurent avec joie."
D'après ce texte, Mnason aurait habité un village entre Césarée et Jérusalem, qui servit d'étape à la caravane.
Même avec le texte des principaux manuscrits, cette explication nous paraît la plus naturelle.