Paul était venu en Asie, c'est-à-dire à Ephèse, d'abord pour un court séjour, (Actes 18.19) puis pour y exercer un ministère de près de trois ans. (Actes 19.1)
Or il peut en appeler à la conscience de ses auditeurs qui avaient été les témoins et les objets de ses travaux, et qui savaient comment, durant tout ce temps, il avait rempli son apostolat avec toute humilité, la première et la plus rare des vertus d'un chrétien et d'un serviteur de Dieu.
On voit par ce discours que la vraie humilité ne consiste pas à méconnaître les plus beaux dons de Dieu qu'on a reçus, pourvu qu'on ajoute avec l'apôtre : "Non pas moi, mais la Grâce de Dieu." L'humilité est inséparable de l'amour.
De là les larmes avec lesquelles il annonçait les compassions de Dieu et qu'il répandait en voyant l'ingratitude et l'endurcissement des hommes qui lui suscitaient des épreuves et allaient jusqu'à lui tendre des embûches pour annuler son ministère, ou même dans le dessein de le faire périr.
Si l'apôtre en appelle fréquemment aux larmes qu'il doit verser, ce n'est pas pour se plaisir, mais pour gagner les cœurs à l'Evangile. (Actes 20.31 ; 2Corinthiens 2.4 ; Philippiens 3.18) Combien, en effet, ces larmes sont touchantes chez un homme fort comme Paul !