Si la mort de Jésus semblait être la négation de sa messianité, sa résurrection en est l'affirmation éclatante. Aussi Pierre prononcet-il sans aucune transition cette grande parole : Dieu l'a ressuscité, et il emploie tout le reste de son discours à le prouver.
- L'apôtre explique cette déclaration par une phrase qui présente quelque difficulté : ayant dissipé les douleurs de la mort. Cette locution est empruntée au Psaumes 48.5 ou au Psaumes 116
Le mot hébreu rendu ici par douleurs signifie les liens. Les Septante l'ont traduit par douleurs (d'enfantement).
Plusieurs exégètes (de Wette, Meyer, Nösgen) pensent que Pierre, qui parlait hébreu, l'a pris dans le premier sens, et Luc dans le second. Cela est possible, mais nullement démontré. Le mot hébreu, avec une légère différence dans les points voyelles, signifie aussi douleurs de l'enfantement. (Esaïe 66.7 ; Jérémie 13.21 ; 22.23)
Au Psaumes 116.3 en particulier, le parallélisme est beaucoup plus favorable à ce sens qu'à l'autre. Cette traduction était devenue courante grâce à la version des Septante. Pierre peut avoir pris l'expression du Psaume dans le sens de douleurs de l'enfantement.
Quoi qu'il en soit, notre texte grec ne saurait signifier autre chose que les douleurs d'enfantement qu'éprouve la mort. La mort paraît être personnifiée ; elle souffre les douleurs de l'enfantement, parce qu'e1le ne peut garder le Messie dans son sein. Dieu met un terme à ces douleurs en appelant Jésus à la vie.
Cette explication paraît seule admissible à Meyer, car, dit-il, si l'on entend ces douleurs des souffrances qu'éprouvait Jésus, ce n'est pas par sa résurrection qu'il en a été délivré, mais par sa mort même.
Pourquoi cela n'était-il pas possible ? Parce que, répondent plusieurs interprètes, la résurrection de Jésus était prédite. (verset 25 et suivants) Sans aucun doute, mais elle était prédite parce qu'elle était dans la volonté souveraine de Dieu, parce que "le Saint" ne pouvait "voir la corruption," parce que le Fils de Dieu "avait la vie en lui-même," (Jean 5.26) et qu'il était "la résurrection et la vie." (Jean 11.25)