"La scène décrite ici est peut-être la plus pittoresque de tout le livre ; elle porte à un si haut point le cachet de la vérité psychologique qu'elle trahit à chaque ligne le témoin oculaire."Reuss.
Le temple de Diane à Ephèse, célèbre dans tout l'Orient, construit sur les ruines de celui qu'Erostrate avait incendié en 356 avant J.-C., était considéré comme l'une des sept merveilles du monde.
On y rendait à Diane (grec Artémis) un culte célébré par de grandes fêtes populaires qui attiraient de toute l'Asie Mineure des foules immenses. Chez les Grecs, Artémis, sœur d'Apollon, était la déesse de la virginité.
Mais, sous l'influence du culte phénicien d'Astarté, elle en était venue en Asie Mineure à représenter la force productive de la nature ; on la nommait "la mère de tous."
L'orfèvre Démétrius faisait du temple de Diane de petits modèles d'argent que les adorateurs de cette divinité emportaient avec eux comme amulettes ou qu'ils consacraient à la déesse comme offrandes.
Cette industrie était la source d'un grand profit pour les artistes et les ouvriers qu'elle occupait. Le texte fait une distinction entre les artisans ou artistes et les ouvriers : les premiers appartenaient sans doute à une catégorie supérieure.
Démétrius, frappé de la diminution de son gain par l'effet des progrès de l'Evangile, assembla tous les ouvriers du même métier (grec ouvriers touchant de telles choses) et leur adressa le discours que Luc rapporte ici. L'orateur populaire a la bonne foi de leur présenter, comme premier argument, la perte considérable qu'ils subissaient les uns et les autres ; puis, en seconde ligne, il en appelle à ce motif religieux : la déconsidération qui en résultait pour la déesse.