Paul leur dit, aux licteurs, venus auprès de lui avec le geôlier, pour lui annoncer la libération. (verset 38)
Paul ne l'accepte pas purement et simplement. La veille, il n'avait pas voulu se prévaloir de son titre de citoyen romain pour se préserver de la flagellation et de la prison ; maintenant il le fait avec énergie, mais dans un but différent, l'intérêt de son ministère. Il en avait le droit. La loi romaine interdisait d'infliger à un citoyen romain aucune peine infamante, et cette loi était religieusement observée.
Cicéron disait avec un juste orgueil national : "Ce mot, cet appel : je suis citoyen romain, a souvent été le salut de plusieurs, jusqu'aux extrémités de la terre, même parmi des barbares."
Or Paul était, de naissance, citoyen romain (Actes 22.28, note) et nous voyons ici (verset 37) que Silas (Silvanus) l'était aussi.
S'il s'était agi d'une injure personnelle, l'apôtre aurait gardé le silence ; combien n'en a-t-il pas supporté d'autres ! mais ce qui, pour ces serviteurs de Dieu, était engagé dans ce procès, c'était l'honneur et l'influence de leur ministère, la cause de l'Evangile qu'ils annonçaient dans un pays où ils étaient inconnus.
L'avenir de leur œuvre dépendait de la manière dont ils sortiraient de la prison de Philippes ; il ne fallait pas qu'on pût dire que la doctrine nouvelle était prêchée par des vagabonds repris de justice, ni même qu'on pût les soupçonner de s'être évadés de la prison.
Aussi Paul, qui aurait pu invoquer des peines sévères contre ceux qui l'avaient puni injustement, demande-t-il au moins qu'au lieu de le libérer secrètement, ils viennent eux-mêmes le mettre en liberté, officiellement et publiquement.
On conçoit donc l'impression de responsabilité et de peur qu'éprouvèrent les préteurs en apprenant ces choses, (verset 38) et leurs procédés pleins de modération nous sont expliqués. (verset 39)
Ce ne fut pas la seule fois que Paul se servit de son titre de citoyen romain pour éviter des outrages nuisibles à son apostolat. (Actes 22.24,25)