On se souvient que Jean surnommé Marc (voir sur ce disciple Actes 12.12, note) était parti avec Paul et Barnabas lors de leur premier voyage de mission ; (Actes 13.5) et qu'il les avait quittés depuis la Pamphylie pour retourner à Jérusalem. (Actes 13.13)
Il paraît que Paul avait désapprouvé et jugeait sévèrement les motifs, à nous inconnus, de cette retraite. Il appliquait sans doute à Marc la parole du Seigneur : (Luc 9.62) "Celui qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu."
Il ne veut donc plus prendre avec lui, comme compagnon d'œuvre, celui qui avait reculé peut-être devant les fatigues et les dangers de la mission. Barnabas, de son côte, par une affection pleine d'indulgence pour Marc qui était son parent, (Colossiens 4.10) voulait l'emmener avec eux.
Il y eut un dissentiment (grec de l'irritation) tel qu'ils se séparèrent l'un de l'autre, et que Barnabas, persistant dans son idée, prit Marc avec lui et s'embarqua pour l'île de Chypre, où il aimait à retourner, parce que c'était sa patrie. (Actes 4.36 ; 13.4, note.)
Ce récit laisse dans l'âme du lecteur une impression de tristesse. Il nous montre que les plus éminents serviteurs de Dieu sont encore des hommes, et que le Maître seul fut "sans péché."
Nous savons heureusement qu'il ne resta, dans le cœur de ces trois hommes, aucune trace d'animosité. Plus tard, Paul parle de Barnabas avec la plus haute estime, (1Corinthiens 9.6) et de Marc avec la plus tendre affection. (Colossiens 4.10 ; 2Timothée 4.11 ; Philémon 24)