Grec : par leur main ; cet hébraïsme ne signifie pas que les envoyés de l'Eglise rédigèrent la lettre, mais qu'ils en furent les porteurs auprès des Eglises nommées ci-après.
- Cette lettre, dont on a, sans raison suffisante, révoqué en doute l'authenticité, porte cependant tous les caractères de son origine. Elle est claire et complète dans sa brièveté. Et, comme cet important document fut bien vite répandu dans les Eglises d'Asie Mineure, pour lesquelles il avait un si haut intérêt, (Actes 16.4 ; 21.25) rien ne fut plus facile pour Luc que de s'en procurer une copie, qu'il nous a conservée.
Une variante de Sin., B, A, C, D, admise par Tischendorf et plusieurs critiques, supprime ces deux mots : et les, devant frères, en sorte que ce dernier terme s'appliquerait aux anciens et non aux autres membres de l'Eglise.
Il faudrait donc traduire : "Les apôtres et les frères anciens."
Cette variante a tout l'air d'une correction inspirée par le cléricalisme naissant, qui ne voulait pas que les frères fussent aussi signataires de la lettre.
Il n'est pas probable qu'on eût ajouté ces mots, s'ils n'avaient pas fait partie du texte primitif.
- La lettre est adressée aux frères qui sont d'entre les païens à Antioche et en Syrie, où, de la capitale du pays, l'Evangile s'était répandu ; enfin en Cilicie, patrie de Paul, où luimême avait annoncé Jésus-Christ. (Actes 9.30 ; 11.25 ; 15.41)
Il faut relever le fait que la lettre est adressée seulement aux Eglises de ces provinces, dans lesquelles les Juifs étaient particulièrement nombreux.
Il explique d'une part que Paul n'y fait aucune allusion dans 1Corinthiens 8 à 1Corinthiens 10, où il traite le même sujet : le décret de Jérusalem était inconnu des chrétiens de la Grèce.
Et d'autre part, on peut voir, avec M. Wendt, dans cette adresse limitée une preuve de l'authenticité du document.
Si Luc ne l'avait trouvé rédigé en ces termes, il lui eût sans doute attribué une destination plus générale, d'autant plus que, d'après son propre récit, (Actes 16.4) les missionnaires, dans leur second voyage, recommandaient les décisions de Jérusalem même à des Eglises situées dans des contrées plus lointaines.
- La salutation grecque que nous rendons par salut, signifie : réjouissez-vous ou joie vous soit ! (Comparer Actes 23.26)
On a remarqué que de tous les écrivains du Nouveau Testament, Jacques est le seul qui emploie cette formule dans son épître ; (Jacques 1.1) et l'on en a conclu que c'est lui qui rédigea notre lettre. Vu sa haute position dans L'Eglise de Jérusalem et la part qu'il avait eue à la conclusion du débat, cette opinion n'est pas invraisemblable.