Jusqu'ici, Luc n'a donné à l'apôtre que le nom de Saul, pour la première fois il l'appelle Paul, ce qu'il fera toujours dans la suite.
Les mots : appelé aussi Paul sont donc bien de l'auteur des Actes et ne sauraient être considérés comme une interpolation.
Depuis Jérôme jusqu'à nos jours, plusieurs interprètes ont pensé que ce nom fut donné à Paul par ses compagnons de voyage, ou adopté par lui-même, en souvenir de Serge Paul, qu'il avait conquis à l'Evangile, et cela peut-être à la demande du proconsul lui-même.
Mais est-il probable que l'apôtre eût accepté ce titre de gloire ? Bien plutôt pourrait-on penser, avec Augustin, que Paul lui-même avait voulu, depuis sa conversion et par humilité, changer son nom de Saul (en hébr. Schaoul, le Désiré, demandé par la prière) en celui de Paulus (en latin le Petit).
Mais la supposition la plus vraisemblable est que, selon un usage très répandu parmi les Juifs, (comparez verset 1) Paul avait reçu dès son enfance deux noms l'un rappelant sa nationalité juive, et qu'il avait porté tant qu'il avait vécu en Palestine, l'autre, son nom latin, qu'il devait avoir comme citoyen romain, (Actes 16.37,38 ; 22.25-28) et qu'il prit dans sa mission au sein du monde grec.
Ce changement de nom était conforme à la grande vérité que l'apôtre enseignait : "En Christ, il n'y a plus ni Juif ni Grec." (Galates 3.28)
- Il est remarquable aussi que, depuis ce moment, Paul prend le pas sur Barnabas, exerce la plus grande influence, porte la parole, et que Luc le nomme toujours, sauf Actes 14.14 ; 15.12,25, le premier des deux, contrairement à ce qu'il avait fait jusqu'ici. (Actes 11.30 ; 12.25 ; 13.4)
Etant rempli d'Esprit saint, dans ce moment même, (comparez Actes 4.8 ; 7.55) en sorte que les paroles qu'il va prononcer seront inspirées par cet Esprit, et non par un zèle amer. Cette influence divine devint évidente pour tous ; elle contribua à la conversion du proconsul. (verset 12)