Pour la seconde fois, (verset 26) l'apôtre se tourne avec amour vers ses auditeurs (hommes frères) et, après leur avoir prouvé que Jésus est vraiment le Sauveur, par sa mort, par sa résurrection annoncée dans les Ecritures, (versets 26-37) il leur expose les immenses bienfaits qui sont le fruit de son œuvre. (versets 38,39)
C'est d'abord ce don de la grâce de Dieu qui rend la paix à toute âme repentante, (verset 16, note) la rémission (ou le pardon) des péchés.
C'est par lui qu'elle vous est annoncée : ces mots désignent Jésus non comme l'auteur de la proclamation du pardon, qu'il publierait par la bouche de ses apôtres, mais comme celui qui procure le pardon lui-même par sa mort rédemptrice.
Puis, comme l'apôtre parle à des Juifs, dont les plus sérieux s'efforçaient de trouver la justice dans l'observation de la loi de Moïse, il leur déclare nettement qu'ils n'ont pu être justifiés par ce moyen, mais qu'ils le seront pleinement par le Sauveur qu'il leur prêche et cela sans autre condition que de croire en lui.
Ainsi, la justification par la foi, ce couronnement de l'Evangile, cette glorieuse vérité qu'il était réservé à l'apôtre Paul de faire triompher dans l'Eglise est ici formulée pour la première fois. Elle le sera plus nettement encore dans les épîtres de Paul. (Comparer en particulier Romains 3.21-26, voir les notes.)
On peut conclure de ce fait que le discours résumé par Luc a bien été prononcé par cet apôtre.
Ce discours. en effet, n'enseigne pas, comme on l'a prétendu, que la foi vaut aux croyants une justification partielle seulement, destinée à compléter celle qu'ils pouvaient acquérir en pratiquant la loi de Moïse, à leur assurer la rémission de toutes les choses dont ils n'avaient pu être justifiés par la loi de Moïse.
On a cru retrouver cette doctrine atténuée dans notre discours et on l'a refusé pour cette raison à l'apôtre Paul.
Mais cette interprétation presse trop les termes employés. Ceux-ci ne marquent pas la limite entre les choses dont on pouvait être justifié par la loi et celles pour lesquelles il fallait un autre moyen de justification.
Et du reste Paul n'a jamais enseigné que les œuvres de la loi fussent en elles-mêmes sans valeur morale. il s'est borné à constater qu'elles ne pouvaient procurer au pécheur la justification nécessaire à son salut.
- On ne saurait non plus objecter à l'authenticité de ce discours les analogies qu'il présente dans sa première partie, avec celui d'Etienne. Si les mêmes exemples bibliques sont invoqués, ils le sont dans des intentions différentes ; Etienne veut prouver la rébellion constante d'Israël contre les conducteurs que Dieu lui envoie ; Paul fait ressortir le développement de la promesse.
Quant à la citation du Psaumes 16, qui avait été faite par Pierre dans son discours de la Pentecôte, ce passage devait revenir fréquemment dans l'argumentation par laquelle les premiers chrétiens cherchaient à établir que Jésus ressuscité était le Messie annoncé par les prophètes.