Le titre d'anciens paraît ici pour la première fois dans le livre des Actes, où il se retrouve souvent dans la suite. Cette charge existait donc dès lors dans l'Eglise de Jérusalem nous ignorons le moment où elle fut instituée.
Chaque troupeau était dirigé par un collège d'anciens, chargés aussi d'enseigner et d'édifier, selon qu'ils en avaient le don.
Ces anciens (en grec presbyteroi, d'où prêtres) portèrent plus tard le titre de surveillants (en grec épiscopoi, d'où évêques. Voir Actes 20.17,28 ; 1.5,6 ; 1Pierre 5.1 et suivants).
L'Eglise d'Antioche attachait la plus grande importance à ce témoignage de sa charité envers les chrétiens de la Judée, puisqu'elle voulut qu'il leur fût transmis par ses deux principaux conducteurs, Barnabas et Saul.
- Mais ce second voyage de l'apôtre Paul à Jérusalem (comparez Actes 9.26) présente une sérieuse difficulté : Paul le passe sous silence dans les deux premiers chapitres de l'épître aux Galates, où il paraît vouloir énumérer tous ses rapports avec les apôtres de Jérusalem, afin de bien établir que son apostolat était indépendant deux ; il écrit : (Galates 2.1) "Quatorze ans après (après sa conversion ou, après le premier voyage), je montai de nouveau à Jérusalem." Or ce voyage qu'il introduit en ces termes n'est point celui que Luc raconte ici, la chronologie s'y oppose absolument.
En effet, nous venons de voir que Paul se rend à Jérusalem à l'occasion de la famine qui eut lieu l'an 44, ce qui placerait son premier voyage ou du moins sa conversion en l'an 30.
Le voyage de Galates 2.1 coïncide avec le concile de Jérusalem, vers l'an 60. Mais, d'autre part, Paul pouvait il omettre une visite qu'il aurait faite dans l'intervalle à Jérusalem ?
Beaucoup d'interprètes et d'historiens estiment que non, et en concluent que le voyage mentionné dans notre passage ne peut avoir eu lieu, que Luc a donc été induit en erreur.
D'autres exégètes ont supposé que, la collecte étant destinée aux frères qui habitaient la Judée en général, Paul pouvait ne pas être allé jusqu'à Jérusalem, mais s'être arrêté en route, à Césarée, par exemple.
Cette opinion serait assez plausible, si elle n'était renversée car la déclaration très claire de Actes 12.25.
Il faut chercher ailleurs la solution du problème. Ou plutôt le problème ne se pose que si l'on part d'une interprétation contestable du texte Galates 2.1. Paul, dit-on, cherche à prouver dans Galates 1 et Galates 2, l'indépendance de son apostolat à l'égard des douze, et énumère à cet effet toutes les circonstances où il aurait pu se trouver en relation avec eux.
Mais cette intention n'est manifeste que dans le chapitre premier des Galates, où Paul affirme qu'il resta trois ans après sa conversion sans voir les apôtres. (Galates 1.18)
Le chapitre Galates 2 aborde un sujet différent et les mots par lesquels il débute : Quatorze ans après je montai de nouveau à Jérusalem, n'impliquent pas nécessairement qu'il n'y fût pas revenu dans l'intervalle, car de nouveau ne signifie pas pour la seconde fois, mais simplement une autre fois, qui peut aussi bien être la troisième.
Paul pouvait omettre de mentionner son second voyage à Jérusalem, parce qu'il fut occasionné par une simple commission, dont il devait s'acquitter auprès des anciens, et qu'il ne vit point alors les apôtres, car Pierre était à ce moment en prison, et Jacques venait d'être mis à mort. (Actes 12.1 et suivants) Les autres avaient probablement quitté Jérusalem. (Actes 12.17, 2e note.)
On trouvera les principaux arguments contre la réalité de ce voyage dans A. Sabatier, L'apôtre Paul, p. XX, XXI, et ceux qui lui sont favorables dans F. Godet, Introduction au Nouveau Testament, I, p. 1 16.