Barnabas avait connu Saul à Jérusalem ; (Actes 9.27 et suivants) il savait quel puissant secours celui-ci pouvait apporter à l'Eglise d'Antioche ; c est pourquoi il voulut assurer au troupeau naissant la coopération de ce serviteur de Dieu.
Le résultat de leur commune activité pendant une année entière fut qu'ils enseignèrent une foule considérable.
On a proposé de traduire : ils furent accueillis comme hôtes ; (Matthieu 25.35) mais le verbe grec a souvent le sens de : être réuni, s'assembler. (Actes 4.5)
D'autres considèrent les deux et, dont nous rendons le premier par même, comme corrélatifs : en partie ils se réunirent dans l'Eglise, en partie ils instruisirent la foule au dehors.
Luc ajoute ici cette remarque importante, sans nous dire par qui fut donné aux fidèles d'Antioche ce beau nom de chrétiens.
Ce nom ne provient ni des croyants eux-mêmes, qui se nomment dans le Nouveau Testament disciples, frères, saints, ni des Juifs, qui auraient cru profaner le nom de leur Messie (Christ) en l'appliquant à cette secte méprisée ; il fut donné aux disciples, avec ironie, par les païens qui les voyaient se réclamer du nom de Christ, devenu pour eux un nom propre.
Cette vue est confirmée par l'historien Tacite, qui lui même fait dériver de Christ le nom de chrétiens. (Ann. XV, 44.)
Elle est confirmée aussi par les deux seuls passages du Nouveau Testament où se trouve ce nom ; (Actes 26.28 ; 1Pierre 4.16) ces passages prouvent, l'un et l'autre, que cette appellation n'était pas née dans l'Eglise. (Comparer 1Pierre 4.16, note.)
Les chrétiens furent nommés ainsi pour la première fois à Antioche, parce que là fut constituée pour la première fois une Eglise au sein d'une population païenne.