Corneille, né païen, était parvenu à la connaissance du vrai Dieu, sans doute par son séjour au milieu du peuple juif. Cette connaissance n'était point restée stérile ; la piété et la crainte de Dieu régnaient dans son cœur et dans toute sa maison, sur laquelle il avait exercé une salutaire influence. (Comparer verset 7, note.)
Sa vie répondait entièrement à ces sentiments ; il manifestait sa charité envers le peuple par de nombreuses aumônes et sa foi en Dieu par de continuelles prières. Aussi était-il aimé et estimé des Juifs. (verset 22)
- Le terme : craignant Dieu pourrait être simplement synonyme de pieux ; (comparez verset 35) mais il est probable qu'il désigne Corneille comme un de ces demi prosélytes qui adoptaient les idées religieuses des Juifs et pratiquaient en partie le culte israélite, sans se soumettre à la circoncision et à toutes les obligations de la loi Lévitique. (Lévitique 13.16,26)
Au point de vue juif ils n'en restaient pas moins entachés de l'impureté des païens.
C'est ce qui explique les paroles que Pierre adresse à Corneille en versets 28,34 Voir encore Actes 11.3 ; 15.7, où Corneille est désigné comme incirconcis et païen.
Le fait que Corneille avait subi en quelque mesure l'influence du judaïsme ne diminue pas l'importance historique de sa conversion : il fut bien le premier païen admis dans l'Eglise chrétienne.