Chapitres 21 à 24 : Suppléments.
Les chapitres 21 à 24, qui terminent le livre, sont un supplément renfermant six morceaux détachés qui ne sont point placés d'après la liaison chronologique des faits et que l'auteur a simplement voulu conserver en les réunissant ici, au terme de sa narration. Ce sont :
- le récit de la réparation accordée aux Gabaonites
- la mention de quelques exploits accomplis par les compagnons de David
- le psaume composé par David à la suite de la période de ses guerres et de ses victoires
- le dernier cantique par lequel il a couronné son uvre poétique
- la liste de ses vaillants hommes
- le récit de sa dernière grande faute, le dénombrement, avec l'achat du champ d'Arauna qui en résulta et qui détermina le choix de l'emplacement du temple sur Morija. Il est probable que ce dernier morceau a été placé là, plutôt qu'à la suite de l'histoire des Gabaonites, à laquelle semble le rattacher la formule : La colère de l'Eternel s'embrasa de nouveau contre Israël (24.1),comme transition à l'avènement de Salomon qui devait bâtir le temple.
1 à 14 Punition du meurtre des Gabaonites tués par Saül.
Nous ignorons totalement les détails du massacre dont Saül s'était rendu coupable, contrairement au serment contracté par Josué et le peuple avec les Gabaonites (Josué 9.15). L'auteur dit au verset 2 que Saül les avait frappés par un effet de son zèle pour les fils d'Israël et de Juda. Voulait-il, malgré le serment de Josué et du peuple, débarrasser le sanctuaire et le pays de cette population étrangère pour remettre à Israël seul le service du culte ? Les mots : zèle pour les fils d'Israël et de Juda semblent le dire. Quoi qu'il en soit, le reste des Gabaonites avait là un juste sujet de réclamation, qu'ils n'auraient pas osé faire valoir sous Saül, mais qu'ils présentent à David, probablement dans les premiers temps de son règne, à l'occasion d'une famine où l'on vit la marque du déplaisir divin sur Israël. Comparez 1Samuel 14.1-46, qui montre combien le sentiment de l'inviolabilité du serment était profond.
Du temps de David : expression vague qui montre que l'auteur insère ici un fait détaché dont il ne connaît pas la date.
Trois ans de suite. Cette longue privation des pluies du ciel est interprétée comme un signe de la cessation de la faveur divine, et cette cessation doit être motivée par quelque grand péché national inexpié.
David chercha la face....probablement par la prière suivie de la consultation de l'Eternel par l'Urim et le Thummim.
Qui reste sur sa maison. Il est dit sans doute dans Deutéronome 24.16 : Le fils ne portera pas l'iniquité du père. Mais il s'agit ici de tout autre chose que du châtiment que s'est attiré un individu coupable. Un serment solennel contracté au nom de l'Eternel a été violé. Une réparation est donc due à celui au détriment duquel le nom de l'Eternel a été profané. Il faut un sacrifice de réparation, un ascham, pour effacer ce crime national. Ceci ne rentre en aucune façon dans la compétence des tribunaux ordinaires pour lesquels est faite la règle du Deutéronome. Quant à l'idée de la solidarité de la famille, elle était profondément gravée dans la conscience antique et particulièrement dans la conscience juive. Elle a son expression dans ces termes du second commandement : Jusqu'à la troisième et quatrième génération. Voir à ce passage, Exode 20.5, note.