Une année environ s'était écoulée depuis les crimes commis par David. Il a retracé lui-même l'histoire de sa vie intérieure durant cette période dans Psaumes 32.3-4 :
Aussi longtemps que je me suis-tu, mes os se sont consumés, je n'ai fait que crier tout le jour ; jour et nuit ta main s'appesantissait sur moi ; ma vigueur était devenue comme une sécheresse d'été.
Il ne voulait pas confesser sa faute et cherchait à endormir sa conscience, sans y réussir. L'intervention de Nathan mit fin à cet état d'aveuglement volontaire et de silence obstiné vis-à-vis de Dieu. Dans cette mission de Nathan, le prophétisme israélite nous apparaît dans toute sa grandeur. Ce ministère ne consistait pas seulement à annoncer au peuple les châtiments divins que Dieu lui réservait dans l'avenir, mais aussi à intervenir dans le présent comme organe de la sainteté divine, et cela même vis-à-vis des personnages les plus respectés et les plus puissants. En se servant du moyen de la parabole, Nathan amène David à prononcer sans le savoir sa propre condamnation. David n'hésite pas à se reconnaître coupable, et coupable sans circonstances atténuantes. Il accepte le châtiment que l'Eternel lui infligera, quel qu'il soit. C'est pourquoi l'Eternel l'atténue en lui remettant la peine de mort qu'il avait doublement méritée, mais sans renoncer pourtant à le frapper de la manière la plus sensible. L'enfant de l'adultère doit mourir.
Bochart raconte qu'encore aujourd'hui les Arabes élèvent parfois chez eux une brebis choisie, qui va et vient dans la maison, comme chez nous un petit chien, jouant avec les enfants et mangeant de leur main.