La dix-huitième année. Le règne de Josias est remarquable par la grande réformation par laquelle Israël atteignit alors, au moins pour un moment, l'état normal voulu par la loi : l'abolition, non seulement des hauts-lieux où se célébraient des cultes idolâtres, mais aussi de ceux où l'Eternel était adoré, de telle sorte que l'unité de culte, à laquelle visaient la loi et le développement religieux d'Israël dès le commencement, fut pleinement réalisée, malheureusement trop tard et pour trop peu de temps. Mais ce moment n'en fut pas moins de la plus haute importance. Le souvenir en demeura comme le type de l'état de choses qui reparut après l'exil et dont le caractère franchement, monothéiste a déterminé l'influence décisive exercée dès cette époque par le peuple d'Israël sur le développement religieux de l'humanité.
Le récit suivant a son parallèle dans les chapitres 34 et 35 de 2 Chroniques. Le fond commun des deux narrations est la trouvaille du livre de la loi de l'Eternel, la dix-huitième année du règne de Josias et la vingt-sixième de sa vie. Nos deux récits différent en ce que, d'après celui des Chroniques, le travail du roi pour l'extirpation de l'idolâtrie avait commencé dès la douzième année de son règne, tandis que, d'après notre livre, il n'eut lieu qu'après la découverte du livre de la loi. Comparez les passages 2Rois 23.20 et 2Chroniques 34.7, où est rapporté à ces deux moments différents le seul et même retour de Josias à Jérusalem après l'extirpation de l'idolâtrie sur toute la terre d'Israël, y comprises les tribus du nord. Ce qui atténue cette différence, c'est que les Chroniques constatent un développement continu qui s'opéra graduellement dans la conduite et dans le gouvernement de Josias. Fils d'Amon, petit-fils de Manassé, il semblait devoir continuer le train idolâtre de ces deux rois ; mais, d'après 2Chroniques 34.3, dès la huitième année de son règne (la seizième de sa vie), il rechercha le Dieu de David, son père. Déjà après sa captivité assyrienne, Manassé repentant avait commencé à opérer une réforme (2Chroniques 33.12-15) ; il pouvait en être resté des traces. Deux prophètes vivaient alors qui purent aussi exercer une influence sur le jeune roi : Sophonie, son parent, et Jérémie. qui dès la treizième année du règne de Josias commença son ministère (Jérémie 1.2). Le passage 2Rois 22.3-7 suppose déjà une préoccupation réformatrice chez Josias entre la douzième et la dix-huitième année de son règne. C'est ce commencement qui a motivé la forme de la narration du livre des Chroniques. Après avoir signalé le commencement de ce mouvement, il en a poursuivi le récit jusqu'à la fin, tandis que le livre des Rois n'en place le terme final qu'après la découverte du livre de la loi, qui a probablement donné la dernière impulsion à l'uvre de Josias. Les deux récits se terminent également par la description de la grande Pâque célébrée par Josias.
Saphan, le secrétaire. D'après 2Chroniques 34.8, il avait avec lui pour remplir cette mission le préfet de la ville et l'archiviste. Il est seul mentionné ici, parce que c'est lui qui était chargé, comme scribe, d'écrire et de compter. Les autres n'étaient là que comme témoins.