Ces divers traits de la vie chrétienne, que nous devons ajouter les uns aux autres, ne sont point nommés dans un ordre fortuit, ni simplement juxtaposés ; ils forment plutôt un tout organique ; chaque trait suppose le précédent et à son tour le complète, ou, pour parler avec Bengel :"Ces fruits de la vie chrétienne sont présentés en une gradation : le précédent produit le suivant et le rend facile, et le subséquent tempère le précédent et le rend parfait."
La foi est la racine sur laquelle croît la vertu. Aussi y a-t-il en grec : "produisez (fournissez comme un paiement) avec votre foi la vertu, et avec la vertu la science," et ainsi de tous les termes de cette énumération.
- La foi est le don initial que les destinataires de l'épître ont reçu de Dieu, (verset 1) le talent qu'ils ont à faire valoir pour lui faire porter tous les fruits de la vie chrétienne.
La foi doit produire la vertu : de même que ci-dessus, (2Pierre 1.3,1Pierre 2.9) ce mot appliqué à Dieu signifie la force divine, de même, comme fruit de la foi dans l'homme, il indique la force et l'énergie de l'âme, le courage du chrétien qui sait en qui il a cru et ce qu'il doit faire. (Comparer Philippiens 4.8, note.)
- Une foi ainsi mise en pratique dans une conduite ferme et sûre engendre et augmente de jour en jour la science, non seulement au sens intellectuel de ce mot, (verset 2, note) mais surtout cette science pratique de la vie que l'expérience seule peut donner, le discernement de ce qui est notre devoir et de la manière dont nous devons l'accomplir.
- La foi, la force d'âme, la science pratique inspirent toujours à celui en qui elles sont réunies la tempérance, celle-ci ne se borne pas au manger et au boire ou à telles autres jouissances sensuelles ; (1Corinthiens 7.9) elle emporte cette modération de l'esprit et du cœur, cette domination de soi même et de ses passions, par laquelle le chrétien, voyant clairement le devoir, se trouve libre pour l'accomplir. (Ecclésiastique 18 :30)
Viennent les épreuves, la persécution pour le nom de Jésus, ce chrétien, maître de lui, est aussi prêt à tout supporter avec la patience que donnent et entretiennent les dispositions qui précèdent.
Dans une vie composée et réglée de la sorte, tout se rapporte à Dieu, à sa volonté, à sa crainte ; l'âme regarde sans cesse à lui et vit dans sa communion. Telle est la vraie piété. (verset 3)
Enfin, puisque Dieu est amour, nul ne peut ainsi vivre en lui sans aimer (1Jean 4.20) il aime ses frères d'abord d'un amour fraternel, (1Pierre 1.22) et tous les hommes d'une sincère charité. (1Thessaloniciens 3.12 ; Galates 6.10)