Honneur et gloire sont deux termes synonymes qui désignent la distinction dont Jésus a été l'objet quand la voix lui fut adressée. Celle-ci est le seul trait de l'histoire de la transfiguration sur lequel l'auteur insiste.
Plusieurs interprètes, il est vrai, prennent le terme de gloire dans le sens "d'éclat" de "rayonnement," (2Corinthiens 3.7) et pensent qu'il exprime le fait même de la transfiguration de Jésus. (Marc 9.2,3)
C'est sa signification dans la proposition qui suit : "du sein de la gloire magnifique."
L'auteur a voulu mentionner ce fait, puisqu'il affirme qu'il a été témoin oculaire de la majesté de Jésus-Christ.
D'autres encore affirment que le participe aoriste : cette voix ayant été adressée, exprime un fait antérieur à celui qu'énoncent les mots : (grec) ayant reçu gloire.
D'après notre auteur la voix céleste se fit entendre avant que Jésus fût transfiguré ; les récits des synoptiques rapportent les événements dans l'ordre inverse. Nous avons donc ici une relation originale, qui remonte sans doute à l'apôtre Pierre. Ces remarques sont ingénieuses, mais elles font dire au texte plus qu'il ne renferme.
- La gloire dont Jésus avait été revêtu, la voix qui l'avait désigné comme le Fils bien-aimé de Dieu avaient affermi la foi des apôtres en leur Maître, au moment où il allait souffrir et mourir. Cette révélation était propre aussi à convaincre les chrétiens de l'avènement glorieux de leur Seigneur.
- D'après la leçon de B. admise par Westcott-Hort, Weiss, Nestle (3e édit.), l'ordre des mots, dans la déclaration : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, n'est pas le même que dans les passages parallèles des synoptiques. (Matthieu 17.5, etc.) Notre texte serait donc indépendant du leur.