Comment est-il possible pour le chrétien d'affermir sa vocation et son élection, puisque ce sont là deux actes de la grâce souveraine de Dieu ?
Rien n'est plus compréhensible cependant. La vocation n'étant autre chose que l'appel de Dieu adressé à une âme par sa Parole, et rendu efficace par son Esprit, de manière qu'il y ait, dans cette âme, conviction, repentance, foi, obéissance il est bien évident que la présence de ces grâces constate la réalité de leur cause.
Il n'est pas moins conforme à l'expérience chrétienne que l'exercice d'un don de Dieu, consciencieusement mis en pratique, augmente ce don ; ainsi l'homme peut et doit affermir sa vocation. Celle-ci est la manifestation de l'élection, car ceux que Dieu appelle sont autorisés à croire à leur élection ; affermir leur vocation, c'est donc par là même affermir leur élection.
Pour cette raison l'auteur nomme ces deux actes divins dans un ordre inverse de celui qu'on attendait : la vocation d'abord, l'élection ensuite, quoique celle-ci précède et détermine celle-là : Dieu élit ses enfants pour la sanctification, pour l'obéissance, (1Pierre 1.2) pour qu'ils soient "à la louange de sa gloire ;" (Ephésiens 1.6,12) ils ont donc dans la sainteté de leur vie une démonstration évidente de leur élection qui, ainsi, est affermie pour eux.
La plupart des interprètes concluent de l'ordre dans lequel l'auteur place les termes vocation et élection, qu'il entend par l'élection, non le choix que Dieu fait dans son conseil éternel, mais la séparation des chrétiens d'avec le monde, qui se produit lorsqu'ils sortent du monde pour suivre l'appel de Dieu. (2Corinthiens 6.14-17 ; 1Pierre 2.9,10 ; Jacques 2.5)
Quoi qu'il en soit, tout chrétien sait que sa foi se fortifie en proportion de sa fidélité, et s'obscurcit et défaille sous l'influence du péché (Hébreux 3.14)
L'exhortation de verset 10, début du verset est donc tout à fait fondée. La déclaration de verset 9 en fait ressortir la gravité. Et pour nous encourager à la suivre nous avons cette précieuse promesse : (versets 10,11) en faisant cela, vous ne broncherez jamais, car ainsi vous sera richement (l'opposé de 1Pierre 4.18 ; comparez Luc 6.38) accordée l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. (Hébreux 12.28 ; 2Timothée 4.18)