Il s'agit ici, non d'un chrétien sincère, qui conserve encore des erreurs, mais d'un faux docteur qui voyage pour propager ses idées pernicieuses, comme il ressort des mots : s'il vient à vous et n'apporte pas.
L'apôtre a en vue un de ces séducteurs qui "sont sortis dans le monde" (verset 7) et le parcourent pour colporter de lieu en lieu leurs négations relatives à la doctrine fondamentale de la personne de Christ (verset 9)
Recevoir un tel homme dans sa maison, lui adresser cette belle salutation : (grec) Réjouis-toi ! qui, pour des chrétiens, devenait le vœu de tout ce qu'il y a de plus sublime dans la grâce, eut été un acte d'hypocrisie. C'eût été participer à ses mauvaises œuvres, l'affermir dans ses illusions, encourager ceux qui lui donnent leur confiance, favoriser la propagation de ses erreurs.
Ce précepte de l'apôtre est en pleine harmonie avec d'autres enseignements de l'Ecriture, (1Corinthiens 5.11 ; 16.22 ; Galates 1.8 ; Philippiens 3.2) et doit trouver dans tous les temps son application, selon les circonstances, et sans jamais blesser la charité.