Bélial signifie en hébreu : ce qui ne vaut rien, ce qui est méchant ; les enfants de Bélial sont les hommes méchants, mauvais. (Deutéronome 13.13 ; 1Samuel 25.25) De là, ce mot était employé chez les Juifs pour désigner le diable : c'était un nom propre de Satan.
Ainsi l'apôtre met d'un côté la justice, la lumière, Christ, le fidèle, c'est-à-dire tout ce qui constitue la vie chrétienne ; de l'autre, l'iniquité, les ténèbres, Bélial, l'infidèle ; ce sont là tous les éléments d'un paganisme plongé dans le mal.
Quelle participation, quelle communion, quel accord y aurait-il entre ces contraires absolus ? Ainsi se trouve abondamment motivée l'exhortation de verset 14.
Cela veut-il dire que tout dans le chrétien soit digne d'une telle appréciation, et que tout soit absolument du démon dans l'homme inconverti ? Non. Sans doute, il y a entre l'homme régénéré et celui qui ne l'est pas la même différence qu'entre la lumière et les ténèbres, la justice et l'iniquité ; car l'un est éclairé d'une lumière divine, l'autre encore dans son ignorance ; l'un possède la justice de son Sauveur, qui produit peu à peu en lui la sainteté, l'autre est encore dans son péché.
Mais, dans son sentiment intime, le chrétien ne peut pas oublier, d'une part, qu'il a été autrefois ténèbres et qu'il est devenu lumière au Seigneur par pure grâce (Ephésiens 5.8 ; comparez 2Corinthiens 2.8) ; ni, d'autre part, que l'homme le plus éloigné de Dieu peut, au moyen de cette même grâce, être "rapproché par le sang de la croix." De là vient que, même en évitant avec soin toute participation aux œuvres infructueuses des ténèbres, le chrétien sincère est retenu, à l'égard des inconvertis, dans l'humilité et dans la charité "qui espère tout."