Paul, jugeant son ministère et ses frères selon la vérité, ne cherchant dans ses actions que ce qui est vrai selon Dieu, se sentant impuissant au delà de ces limites, ne pensant point à luimême, se réjouit de paraître faible, pourvu qu'il voie ses frères forts et perfectionnés dans la vie chrétienne.
Cette pensée explique et généralise celle qu'il vient d'exprimer à verset 7. Sans doute aussi veut-il, déjà ici, indiquer la pensée exprimée au verset 10, qu'il se réjouit si, trouvant ses frères de Corinthe forts et perfectionnés, il peut paraître au milieu d'eux dans son ancienne faiblesse, et sans faire usage de sévérité pour la répréhension.
- On a pris quelquefois verset 8 dans un sens absolu qui, alors, est très faux. L'apôtre n'a pas voulu dire que l'homme ne peut rien faire contre la vérité en général : il peut malheureusement beaucoup contre la vérité, en répandant l'erreur, ainsi que l'expérience le prouve tous les jours.
Mais Paul, parlant de ses rapports avec les Eglises, de sa conduite comme serviteur de Jésus-Christ, comme conducteur des âmes, déclare qu'il ne lui est pas permis, qu'il lui est moralement impossible de rien faire contre les intérêts de la vérité et de la vie chrétienne dans ses frères, en se laissant guider par d'autres motifs, tels que la recherche de lui-même et de l'approbation des hommes.
Ce qui le prouve encore, c'est le motif qu'il ajoute immédiatement (verset 10) et surtout le but pour lequel son autorité apostolique lui a été confiée : pour l'édification et non pour la destruction. (Comparer 2Corinthiens 10.8)