Le sens le plus probable de ces deux versets, (versets 12,13) qui ont été diversement traduits et expliqués, est celui-ci, que nous rendons d'abord par une version littérale : "Car nous n'osons pas nous égaler ou nous comparer nous-mêmes à quelques-uns qui se recommandent eux-mêmes."
Ce langage n'est pas sans quelque ironie, l'apôtre sachant bien que, quels que soient les avantages extérieurs de ces quelques-uns, la puissance divine de ses lettres ou de sa présence est une vraie supériorité, d'autant plus que ces hommes agissaient sans vocation et sans mandat de Dieu, se recommandant eux-mêmes, s'imposant aux Eglises. "Mais se mesurant eux-mêmes à eux-mêmes et se comparant eux-mêmes à eux-mêmes, ils sont sans intelligence" (mot qu'Ostervald rend par "ils ne considèrent pas").
Ils n'ont d'autre mesure, comme d'autre autorité qu'eux-mêmes, leurs propres idées, leur propre volonté ; ils ne sauraient donc comprendre un apôtre de JésusChrist, ni la vérité qu'il annonce.
Tel est le portrait fidèle de tous les faux prophètes. "Mais nous, nous ne nous glorifierons pas sans mesure" (pas comme ceux-là, sans autre règle que nousmêmes) "mais selon la mesure de la règle que Dieu nous a départie pour mesure, pour être parvenus même jusqu'à vous."
C'est Dieu qui nous a donné, dans sa vérité et par son Esprit, la mesure, la règle d'après laquelle nous jugeons notre vocation, notre ministère, notre œuvre. Et cette mesure nous a permis de parvenir jusqu'à vous, et d'annoncer parmi vous l'Evangile, selon la vocation de Dieu. (Comparer versets 14-16)