12 à 24
L'apôtre se justifie au sujet de son voyage différé à Corinthe.
C'est par ces mots que Paul commence cette apologie de son ministère, qui occupe une si grande partie de l'épître, et que les fausses accusations de ses adversaires rendaient indispensable. Il la rattache (car) à cette communion de prières qui remplit son cœur. (verset 11)
Il avait promis aux Corinthiens de les visiter, afin de combattre par sa présence les nombreux abus qui s'étaient introduits dans leur Eglise. Il n'avait point encore jusqu'ici rempli cette promesse, parce que, au milieu de ses combats et de ses souffrances, il redoutait de paraître dans une Eglise qui lui était si chère avec toute la sévérité de son autorité apostolique. (2Corinthiens 1.23 ; 1Corinthiens 4.21 ; 2Corinthiens 13.10)
Ses adversaires, loin d'être humiliés par sa première lettre, s'étaient saisis de cette circonstance pour l'accuser de versatilité (verset 17) et de crainte des hommes. (2Corinthiens 10.1-10) Ce sont ces reproches qu'il doit repousser pour l'honneur et l'efficacité de son ministère.
- Il proteste donc en invoquant le témoignage de sa conscience qui est son sujet de gloire, qu'il s'est conduit dans le monde, c'est-à-dire aux yeux de tous, en simplicité (d'autres lisent en sainteté) et en sincérité de Dieu, c'est-à-dire en sincérité qui vient de Dieu et qui lui est agréable.
Pour comprendre toute la force du terme que nous traduisons par sincérité, il faut remonter à son étymologie : il se compose des deux mots soleil et jugement et signifie : la qualité d'un objet transparent dont on juge aux rayons du soleil ; ainsi, la pureté sans tache d'un cristal, et, au moral, la limpidité d'une âme que la lumière de l'Esprit de Dieu pénètre tout entière, et qui se juge par là.
Ce substantif composé se retrouve 2Corinthiens 2.17 ; 1Corinthiens 5.8 L'adjectif formé des mêmes racines se lit, Philippiens 1.10 ; 2Pierre 3.1.
- Il faut remarquer encore ici le profond contraste que l'apôtre établit entre la sagesse charnelle, c'est-à-dire l'habileté de la raison humaine livrée à elle-même, à ses moyens équivoques, et la grâce de Dieu, qui éclaire l'intelligence, purifie le cœur et sanctifie tous les motifs.