Cette remarque sur la manière opposée dont se manifeste chez les hommes leur vrai caractère en mal ou en bien, est relative à la recommandation qu'a faite l'apôtre (1Timothée 5.22) de n'imposer légèrement les mains à personne, et en général à l'exercice de la discipline.
En disant, d'une part, que les péchés des uns et les bonnes œuvres des autres sont manifestes dès l'abord, Paul en conclut qu'il est facile de les juger avant de les recevoir à une charge dans l'Eglise ou d'exercer à leur égard quelque répréhension ; mais d'autre part, en admettant qu'il en est souvent autrement, que le regard le plus pénétrant peut y être trompé, il atténue la responsabilité qu'il a fait peser sur son disciple ; il craint que celui-ci ne se reproche les infidélités qu'il pourrait découvrir ensuite en des hommes auxquels il aurait imposé les mains, ou qu'il n'ait trop de regrets d'avoir refusé tels autres dont il n'avait pas su découvrir les excellentes qualités. Timothée devait en tout cas conclure de cette remarque qu'il fallait observer longtemps et scrupuleusement avant d'agir.
- Le verset 1Timothée 5.24 doit être rendu littéralement ainsi : "Les péchés de quelques hommes sont très évidents, et vont devant en jugement ; mais en d'autres, ils suivent," c'est-à-dire ne sont reconnus qu'après. Ce qui fait penser que ce jugement n'est pas la sentence finale de Dieu sur eux, mais la délibération de l'Eglise appelée à juger si un homme est propre au ministère qu'il s'agit de lui confier. Cette interprétation convient bien à l'ensemble de la pensée.