Après avoir caractérisé par quelques traits généraux ces "esprits séducteurs" qui tenteront de substituer leurs propres doctrines à celles de l'Evangile, Paul signale, en particulier, leur fausse tendance ascétique poursuivant une sainteté imaginaire ; on la reconnaît à ces deux traits, presque toujours réunis : la proscription du mariage et l'interdiction de certains aliments.
A peu près toutes les religions humaines ont placé de tels préceptes à la base de leur morale, et c'est par là aussi que se distinguèrent plusieurs sectes chrétiennes, immédiatement après le temps des apôtres. Séduit par l'idée fausse que le péché a son siège surtout dans la chair, et non dans la disposition la plus intime de la volonté, l'homme en conclut que la sainteté doit consister à mortifier son corps, oubliant que toutes les macérations extérieures peuvent laisser intactes les convoitises qui le séparent de Dieu, l'orgueil, l'égoïsme.
Il se fait ainsi une loi arbitraire qui n'a rien de commun avec la loi de Dieu ; et au lieu d'une humble obéissance à la volonté du Seigneur révélée dans sa parole, il s'impose de puériles observances, qui, en nourrissant sa propre justice, l'éloignent toujours plus du Sauveur et du salut par sa grâce.
On peut voir aujourd'hui encore, dans une grande partie la chrétienté, les funestes effets de ces erreurs, qui ne justifient que trop la sollicitude avec laquelle l'apôtre croyait devoir les combattre.
Les fidèles et ceux qui connaissent la vérité ne doivent nullement chercher un degré supérieur de sainteté dans l'abstention des choses que Dieu a créées ; l'apôtre déclare au contraire que Dieu les a créées afin qu'ils en usent ; ils peuvent le faire en toute liberté pourvu que ce soit avec actions de grâces, dans sa crainte et dans son amour. (Voir la note suivante)