Ce sachant pourrait, grammaticalement, avoir pour sujet soit les lecteurs, soit l'apôtre. Ce dernier sens est le seul vrai, car Paul continue ici à exposer les raisons de ses actions de grâces pour ceux qu'il nomme avec amour : frères, bien-aimés de Dieu.
Mais à quoi se rapporte cette grande et consolante pensée de l'élection dans l'ensemble de notre passage ? Les uns la lient à ce qui précède, et en font, ainsi que de verset 3, l'objet des actions de grâces exprimées à verset 2, ou le fondement de la ferme espérance des chrétiens ; (verset 3) les autres la rapportent à ce qui suit, et pensent que l'apôtre voit dans les succès de l'Evangile parmi ses lecteurs (verset 5) les signes de leur élection.
Ces deux constructions sont également vraies. D'une part, en effet, le sentiment de l'amour de Dieu et de son élection de grâce est très propre à soutenir la "patience de l'espérance" au milieu de tous les combats et de tous les dangers ; d'autre part, le chrétien n'a de signe certain de son élection que la transformation opérée dans son cœur par l'Evangile ; or, ce signe, l'apôtre le décrit (verset 5) d'une manière qui ne peut laisser aucun doute dans l'esprit de ses lecteurs. Il faut même traduire le commencement de verset 5 dans son rapport avec verset 4 "Sachant frères, bien-aimés de Dieu, votre élection parce que notre Evangile n'a pas consisté à votre égard en parole seulement, mais, etc."