22 à 53 Prière de consécration.
Cette prière est une des plus belles pages de l'Ancien Testament ; on ne saurait la lire sans être saisi de sa grandeur. Prononcée par le chef de la théocratie juive en sa qualité de représentant du peuple, dans un moment unique de l'histoire de ce peuple et dans un lieu destiné à devenir le centre définitif de son culte, elle emprunte à ces circonstances le caractère d'une confession de foi solennelle, et à ce titre elle proclame les grandes vérités qui faisaient le fond de la foi israélite. Les annales religieuses des peuples de l'antiquité n'offrent rien de comparable à cette prière où abondent les plus hautes pensées sur la nature divine, où aucun des besoins moraux et temporels d'une nation n'est omis, et qui à elle seule témoigne du génie de Salomon aussi bien que de la pureté et de la spiritualité de la religion de l'Ancien Testament, comparée à toutes les religions païennes. Elle est probablement, tirée du Livre des actes de Salomon (11.41) ou bien de celui de Nathan (2Chroniques 9.29). Elle présente de grandes analogies avec le chapitre 26 de lévitique et le 28 de Deutéronome. Ceux qui placent la composition de ces livres après l'exil en concluent que la prière aussi est une composition postérieure. Mais le style prophétique qu'on y remarque et qui est celui du Deutéronome et de certains morceaux du Lévitique, n'a rien d'étonnant dans la bouche de Salomon qui avait été élevé sous l'influence de Nathan, le prophète ; et la composition de ces livres longtemps après l'époque de Salomon n'est rien moins que certaine.
Se plaça devant l'autel. On voit, par 2Chroniques 6.13, que Salomon avait fait dresser devant l'autel des holocaustes une estrade sur laquelle il se mit à genoux pour prononcer la prière suivante.
Et, étendant les mains vers le ciel : vers le vrai temple divin dont celui de Jérusalem n'était que l'image (Esaïe 1.15, note, et 1Timothée 2.8).