Voyant cela, littéralement : il vit ; d'autres, au moyen d'un changement de voyelles : il craignit. Au fond cela revient au même. Il vit l'état des choses et comprit qu'il n'y avait aucun secours humain à attendre. C'est la situation de Pierre considérant la violence du vent et enfonçant dans l'eau (Matthieu 14.30).
Pour [sauver] sa vie, littéralement : Et il alla à son âme, c'est-à-dire : il agit en ne consultant que le soin de sa vie, ou bien : il alla où son âme le menait, ce qui peut signifier : selon sa volonté propre, ou au hasard, sans but, sans savoir lui-même où il allait. Quoi qu'il en soit, Elie, sous l'empire de l'amertume qui remplit son cur, agit en ce moment sans direction supérieure. Après de si glorieuses manifestations de la faveur divine, il avait besoin d'être humilié (comparez ce que Paul raconte de lui-même, 2Corinthiens 12.7). Dieu l'abandonne à son mouvement propre et se sert de cette faute pour lui faire faire un pas en avant dans la connaissance de lui-même et de son Dieu.
Béerséba. Voir Genèse 21.31, note.
Qui appartient à Juda. Cette ville avait été cédée à la tribu de Siméon (Josué 19.2), mais elle faisait partie du royaume de Juda dont elle marquait l'extrémité méridionale. Le sentiment d'Elie l'emporte aussi loin que possible du théâtre de son activité précédente. Tout ce qui pouvait se faire a été fait. Son uvre lui paraît à la fois achevée et stérile ; il cherche la solitude et, si possible, la mort.
Il y laissa son serviteur : il veut être seul et pense sans doute n'avoir bientôt plus besoin de lui. Au bout d'un jour de marche dans le désert, il tombe accablé de tristesse et d'épuisement.