1 Rois 12.1 à 2 Rois 17.41 : Histoire parallèle des deux royaumes.
Le schisme qui s'accomplit sous le fils de Salomon dura deux siècles et demi (975 à 722 avant J-C). Pendant ce temps, douze rois, tous de la famille de David, selon la promesse de l'Eternel, régnèrent sur Juda, tandis que dix-neuf rois, de neuf dynasties différentes, séparées deux fois par des périodes d'anarchie, se succédèrent dans le royaume des dix tribus. Le malheur de ce peuple fut qu'au schisme politique voulu de Dieu vint s'ajouter le schisme religieux, par l'idolâtrie qu'introduisit dès le commencement Jéroboam et qui prit depuis le temps d'Achab un caractère plus impie encore.
Une ligne passant à la hauteur de Béthel marquait la limite des deux royaumes, qui fut d'ailleurs souvent modifiée : les deux Etats, étant à peu près d'égale puissance, consumèrent fréquemment leurs forces dans des luttes fratricides. Celui d'Israël, dépourvu de la royauté légitime et du culte légal, tomba le premier devant les ennemis extérieurs ; celui de Juda, qui avait conservé la dynastie et le culte institués de Dieu et qui possédait ainsi une force morale plus considérable, survécut à peu près d'un siècle et demi à la chute de l'autre.
12.1 à 16.28 : Du schisme jusqu'à l'avènement d'Achab.
Première période : depuis le schisme jusqu'aux règnes de Josaphat, en Juda, et d'Achab, en Israël (de 975 à 918 environ). Pendant cette période, il y a guerre incessante entre les deux royaumes ; trois rois se succèdent en Juda, tandis que le trône d'Israël est occupé par six rois appartenant à quatre familles différentes, dont chacune détrône et détruit la précédente. Juda reste attaché au culte de l'Eternel ; Israël se livre au culte du veau d'or ; ce culte était censé s'adresser à l'Eternel, mais il fraya la voie à une idolâtrie plus grossière.
1 à 20 Le schisme.
Cet événement d'une gravité exceptionnelle ne s'explique pas seulement par la réponse hautaine de Roboam aux réclamations du peuple. Cette réponse en fut l'occasion et le prétexte ; mais dès longtemps régnait entre Juda et Ephraïm, la plus puissante des tribus du nord, une rivalité profonde qui avait éclaté plus d'une fois (Juges 8.1 ; 12.1 et suivants ; 2Samuel 2.9 ; 19.42 et suivants) et qui s'était récemment accrue. La suprématie de Juda s'était accentuée par l'élévation de Jérusalem au rang de capitale et par la construction du temple, et avait soulevé davantage la jalousie d'Ephraïm. Sans doute, la scission est présentée comme un dessein de Dieu (11.11,31 ; 12.15,24) ; comme telle, elle devait servir à humilier Israël, qui s'était enorgueilli sous le règne glorieux de Salomon (11.39). Mais, dans l'intention divine, le schisme devait rester de nature purement politique ; la rupture religieuse, introduite par Jéroboam, lui donna un caractère absolument condamnable.
Roboam se rendit à Sichem. Sur Sichem, située dans le territoire d'Ephraïm, entre les monts Ebal et Garizim, comparez Josué 24.1. Il y avait déjà dans le choix de cette ville un symptôme grave de révolte dont Roboam aurait dû tenir compte.
Tout Israël était venu : tout le peuple des dix tribus, représenté par ses principaux chefs. L'opposition des deux dénominations : Juda et Israël, se trouve déjà Josué 11.21 ; 1Samuel 11.8 (note).
Pour le faire roi. Le droit de reconnaître et d'installer dans sa charge le roi choisi par l'Eternel appartenait au peuple, et celui-ci l'avait exercé à l'égard des trois rois précédents (1Samuel 11.15 ; 2Samuel 2.4 ; 5.3).