Ces paroles sont intimement liées à tout ce qui précède. (1Pierre 3.18-22)
Christ a souffert (B. C, omettent les mots pour nous, qui se lisent dans majuscules, versions) selon la chair, il est mort, il est ressuscité, il a été glorifie : or, ce qui a eu lieu dans le Chef a lieu aussi dans les membres par leur union vivante avec lui.
Conclusion (donc) : Armez-vous, car c'est d'un combat qu'il s'agit pour quiconque veut suivre Christ, de la même pensée qui a soutenu Christ dans ses souffrances, la pensée que ces souffrances n'étaient pas inutiles, mais opéraient le salut des hommes.
Cette pensée, Pierre la formule, pour Christ comme pour le croyant, en ces termes : que celui qui a souffert selon la chair a été libéré du péché.
Pour Christ, la mort qu'il a soufferte l'a libéré du péché des hommes de la condamnation qu'il avait acceptée ; (Romains 6.7,10) pour le croyant aussi, souffrir est le moyen de mourir au péché, dans la communion de son Sauveur et par là même d'être délivré du péché. (Romains 6.5-7,11)
Le verbe que nous traduisons : a été libéré du péché, signifie à l'actif : retenir, faire cesser, d'où libérer quelqu'un d'un emploi, d'une obligation. Au moyen, il se rencontre souvent dans le sens de se reposer ou cesser, et plusieurs le traduisent dans notre passage par : a cessé de pécher.
Mais nous pensons plutôt qu'il est employé au passif : celui qui, avec Christ, a souffert quant à la chair, a éprouvé que le péché ne domine plus sur lui. Et dès lors il vit, non plus, comme auparavant, selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de Dieu.
L'apôtre Paul s'exprime en des termes semblables en traitant le même sujet. (Romains 6.5-14 ; comparez ci dessus 1Pierre 3.20,21, note)
La traduction littérale de verset 2 est : pour ne plus vivre le reste du temps en chair selon les convoitises des hommes.
La plupart de nos versions rattachent cette proposition à la seconde partie de verset 1 et la considèrent comme faisant partie de la "pensée" dont les lecteurs doivent "s'armer", elles sous-entendent alors le pronom lui : "Le temps qu'il lui reste à vivre dans la chair"
Mais comment une telle pensée a-t-elle pu être celle de Christ ? Il est plus naturel de voir dans les mots : pour ne plus vivre,...l'indication du but en vue duquel l'apôtre dit aux chrétiens : Armez-vous ! et de traduire : "Le temps qui vous reste à passer en la chair."
On a proposé aussi de traduire : "Christ ayant souffert dans la chair, armez-vous de cette pensée là (Stapfer), ou de la même disposition (Weizsäcker) ; car celui qui a souffert..." Cette manière de construire est moins naturelle.