Christ a souffert est la leçon de B. majuscules, adoptée par Weiss.
La leçon de Sin., A, C, versions, porte : est mort.
Elle paraît être une correction amenée par les mots : une fois pour les péchés. Ici, comme à 1Pierre 2.21, les souffrances de Jésus-Christ sont présentées en exemple à ceux qui souffrent. Ils souffrent injustement : qu'ils regardent à lui, le Juste qui a souffert pour des injustes.
Ce qui fait taire tout murmure, ce qui inspire la patience en humiliant, ce qui seul rend capable de souffrir comme Christ, c'est la pensée que ses souffrances ont été expiatoires : Christ a souffert une fois (dans la suprême épreuve de la mort Hébreux 7.27) pour les péchés, c'est-à-dire pour nous tous.
Celui-là seul qui a trouvé dans ces souffrances de Christ le pardon, la réconciliation avec Dieux la paix, la vie, ou, comme s'exprime l'apôtre, celui qui a été ramené à Dieu par le sacrifice de la croix, celui-là peut souffrir, mourir avec Christ, car le Sauveur n'est plus seulement pour lui un modèle extérieur, mais, demeurant au dedans de lui, il le transforme à sa ressemblance. (Comparer 1Pierre 2.21, 2e note)
Voir aussi. (Jean 12.32)
Afin qu'il vous amenât, est la leçon de B. Les autres majuscules portent : nous amenât.
Ces paroles achèvent le tableau des souffrances de Christ. Son œuvre est complète dans sa mort et sa résurrection. Elles se sont produites dans les deux domaines opposés de la chair et de l'esprit. (Romains 1.3 ; 1Timothée 3.16)
Le premier de ces termes désigne l'être matériel, corporel, psychique, qui constituait l'humanité réelle du Fils de Dieu, et en vertu duquel il a pu mourir.
L'esprit, qui est ici opposé à la chair, n'est pas, comme l'ont entendu les anciens interprètes, l'Esprit de Dieu, la puissance divine qui avait été le principe générateur de Jésus, (Luc 1.35) qui, ensuite, le ressuscita d'entre les morts et le glorifia dans le ciel. Il ne s'agit pas non plus de la nature divine de Jésus, par opposition à sa nature humaine ; mais de l'esprit qui se trouve en tout homme et le rend capable de se développer dans la sainteté, d'être en communion avec Dieu et de saisir la vie éternelle. (1Pierre 3.4 ; 4.6)
Christ a été vivifié quant à l'esprit, en ce que son esprit, dépouillé de son corps charnel par la mort, a reçu un nouvel organe, un corps spirituel. Et dès lors il peut manifester dans ses rachetés la même puissance de résurrection et de vie qui s'est exercée en lui-même. (1Corinthiens 15.42-45 ; 2Corinthiens 3.17,18 ; 4.10)
Cette grande pensée était propre à encourager et à fortifier des chrétiens appelés à souffrir et à mourir avec leur Sauveur.